« (…) Cet homme bizarre, parent d’Oblomov, apôtre de l’immobilité, ancien compagnon d’une « femme commandeur » qui adorait manger, vaut le détour. Tous les jours, il se rend à son bureau, une pièce près de chez lui. II imagine écrire un grand livre sur Berlin, cette « Babylone » qui n’est pas encore l’efficace cité reconstruite de la Réunification. Un chauffeur de taxi fait les présentations à un ami de passage : il « commente la sombre ville que je connais, signale des places en friche, de profonds fossés, des brèches noires, ici se dressait autrefois ceci, là se dressait autrefois cela […] » Pour l’ambitieux roman, il faudra repasser, le Gros Poète est davantage versé dans l’observation des petites choses, la vie ordinaire découpée en petites tranches. Et tant mieux. « Je suis là je regarde dans le vide je suis inquiet, me lève, bois quelque chose, sors sur le balcon, regarde, les étoiles, je les connais, la lune, je la connais, je leur fais un signe de tête, distraitement, elles me saluent en retour […] ». »