Le compagnon de voyage

Gyula Krúdy

Traduit du hongrois par François Gachot

Éditeur : La Baconnière • 2018 • 151 pages

Lors d’un voyage en train, le narrateur fait la rencontre d’un autre passager, qui lui conte une partie de sa vie. Des années plus tôt, cet homme s’était arrêté dans une petite ville de Haute-Hongrie, pour ce qu’il pensait être un court séjour. Il découvre la ville et ses habitants, puis s’éprend de deux femmes, Madame Hartvig, une femme mariée, et Eszténa, une toute jeune fille. Ces rencontres vont faire basculer sa vie de Casanova dans la tragédie. De sa plume enchanteresse, Gyula Krúdy dépeint dans ce bref et lumineux roman la condition féminine aux prises avec un microcosme de province replié sur lui-même.

« Il inspectait à tour de rôle, et chacun à part, les hôtes de la salle à manger, les toisait les uns après les autres et, constatant avec le plus grand flegme que son insistance à les observer irritait les gens nerveux, il faisait s’envoler silencieusement sa fumée, tandis qu’autour de lui chagrins, tristesses, procès perdus, projets tombés à l’eau, existences ratées, tourmentantes infirmités, affreux désespoirs, portefeuilles vides d’argent, vieillesse, orgueil vain, maladies d’amour, tout cela allait et venait dans ce restaurant semblable à une gare, où sous les poutrelles de fer les gens débarquaient de Gyor, de Debrecen ou d’Arad, pour repartir en laissant derrière eux de la vaisselle sale… »

L'auteur hongrois Gyula Krúdy a écrit le roman Le compagnon de voyage, publié aux éditions La Baconnière

Début XXe

passé

sensuel • profond • solaire

Mood du livre
amour, condition des femmes, désir
Retrouver sur la carte

Auteur/Autrice

Gyula Krúdy

Né en 1878 à Nhiregyhaza et décédé en 1933 à Budapest, Gyula Krúdy est un écrivain et journaliste hongrois. Il publie sa première nouvelle à seulement 15 ans, et sa centième à 18 ans. Figure emblématique de la littérature hongroise, il a écrit près de 90 romans, 2500 nouvelles et des milliers d’articles au cours de sa vie. Il décède à l’âge de 55 ans, malade et endetté.

en savoir plus

Traducteur/Traductrice

François Gachot

Né en 1901 et décédé en 1986, Françoit Gachot était un traducteur du hongrois et écrivain. Il a fait partie du cercle de la Nouvelle Revue française.

en savoir plus

Ils en parlent

  • « On se laisse emporter par cette langue ancienne et belle, ce phrasé souple, ce récit poétique : la traduction du Compagnon de voyage par François Gachot est une splendeur. Toute la finesse, la musicalité du grand Hongrois Gyula Krúdy (1878-1933) est retransmise intacte dans cette confidence désabusée d’un compagnon de voyage. Au hasard d’un train – ou d’un bateau peut-être – un inconnu confie au narrateur comment, dans une petite ville de Haute-Hongrie, il découvrit un certain calme. Séducteur invétéré et un peu las, il y rencontre la très jeune Eszténa, et, à travers elle, l’amour véritable. Fasciné par sa beauté, ses contes, son obsession de l’absolu et ses sortilèges, il s’apprête à renoncer au « petit ange ». Eszténa cependant mourra. Long monologue d’un homme caustique et avisé, l’évocation se déploie comme un paysage à la campagne : « On entendait glapir dans les champs d’une blancheur laiteuse ces renards invisibles qui, par suite de quelque mystère, échappent à tout jamais à l’habileté des chasseurs. Au loin, au-dessus d’un lac, des soupirs argentins accompagnaient un envol d’oies sauvages. » Ou encore, plus sombre : « Rien n’avait changé : la tombe était de plus en plus froide et la pierre qui la recouvrait de plus en plus lourde. » Lyrique, rêveur et délicat. »

    LIRE

Panier
Votre panier