Albin

Martin Harniček

Traduit du tchèque par Benoît Meunier

Éditeur : Monts Métallifères • 2026 • 140 pages

Dans un monde où le Parti mondial a fait de la mort une politique publique, la « dévitalisation » frappe sans appel les hommes à cinquante ans et les femmes à quarante-cinq, comme une échéance administrative parmi d’autres. Pour contenir la surpopulation, on a érigé la cruauté en vertu cardinale ; il ne s’agit plus d’aimer ni même de comprendre, mais de savoir tuer. Les enfants les plus féroces sont repérés, formés, exaltés — pépinière d’une élite dressée à l’absence d’empathie.

Albin, que ses parents rêvaient en libérateur, révèle un talent autrement plus inquiétant : une intelligence froide, une aptitude rare pour la torture et la manipulation. Choyé par le régime, il gravit les échelons avec un zèle méthodique, nourrissant l’ambition dévorante de présider un jour le Parti mondial. Mais dans cet univers où la règle suprême est l’arbitraire, nul n’est à l’abri d’un retournement. Publié en 1981 aux côtés de Viande, Albin déploie une dystopie glaçante qui dissèque la fabrication d’un pervers mégalomane, prêt à marcher sur des montagnes de cadavres pour conquérir le pouvoir — et révèle, sous la mécanique politique, l’effrayante facilité avec laquelle la barbarie peut devenir norme. Un roman qui fait encore aujourd’hui de Martin Harnicek l’une des voix les plus singulières de la littérature antitotalitaire.

« Tout le monde n’est pas fait pour diriger. S’il y en a parmi vous qui donnent des ordres, il faut bien qu’il y en ait aussi qui obéissent. »

Albin est un roman de Martin Harniček, traduit du tchèque par Benoît Meunier

avenir

frisson, sombre • intense • sombre

Mood du livre
Pouvoir, totalitarisme, violence
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Auteur/Autrice

Martin Harniček

Né en 1952 dans la Tchécoslovaquie communiste, Martin Harniček écrit au début des années 80 quelques courts romans qui lui valent une certaine notoriété dans les milieux dissidents. Mais harcelé par le régime pour avoir signé la Charte 77, un appel qui dénonce le processus de mise au pas ayant suivi le Printemps de Prague, il s’exile en Allemagne en 1983, où il vit encore aujourd’hui. Ses romans les plus connus sont Albin et Viande, des dystopies violentes qui critiquent les régimes totalitaristes.

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Traducteur/Traductrice

Benoît Meunier

Né en 1977, Benoît Meunier étudie les langues vivantes et s’installe à Prague, où il enseigne et traduit de la littérature tchèque pour les maisons d’édition françaises. Il signe en 2018 une nouvelle traduction du Brave Soldat Švejk, grand classique de la littérature tchèque. Il a également travaillé sur Albin et Viande de Martin Harnicek, Hana d’Alena Mornštajnová, ou encore L’Autre ville de Michel Ajvaz.

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